Eija-Lisa Ahtila vidéaste contemporaine a exposée son oeuvre au jeu de Paume il y a un an maintenant.
Un travail très poussé d’une « narration » sur plusieurs écrans, des écrans qui se répondent, qui s’ajoutent.
C’est un travail de montage assez époustouflant.
> http://fr.wikipedia.org/wiki/Eija-Liisa_Ahtila
montage multiécran installation documentaire.
Interroger les relations entre la réalité et la fiction, un sujet vaste et très exploré de nos jours.
Voici leur postulat, partir d’un lieu réel « urbain » a petite ou grande échelle, se documenter, puis partir en repérage, dégager des axes et des personnages, puis tourner : des interviews, des plans séquences, etc…
Ensuite par le biais de la scénographie, de la mise en scène et du montage ils construisent un réçit.
Ce récit n’a pas vocation d’être linéaire, la scène comporte plusieurs écrans, qui se répondent, qui mettent en perspective les propos.
Comment travailler un montage sur plusieurs écrits, l’intérêt de montrer le champs et le hors-champs dans un seul espace-temps, permettre la polysémie des discours, rendre spatial un point de vue, comme la musique électroacoustique la fait dans le champs du sonore.
A propos du film Gainsbourg (Vie héroïque), johann Sfar le réalisateur dit ceci : « En bande dessinée je dessine une image après l’autre, Là je fais des storyboards solaires, pour le film, c’est à dire que je dessine le plan qui me tient le plus à coeur et les autres autour, sans ordre, sur la même double page, et je sais qu’on va les tourner dans leur ordre d’importance et que le montage apportera une nouvelle écriture. Tout ça est absolument nouveau pour moi et je suis certain que ça va modifier en profondeur ma narration. »
C’est passionnant d’entendre ça, un monteur qui travaille avec quelqu’un qui communique par le dessin, qui plus est pas le biais de la bande dessiné, univers déjà très cinématographique. Faire un travail de réécriture à partir de storyboard, d’ouvrir la narration qu’il n’a pas voulu figé si je comprend bien, ça ouvre de belles perspective de création.
Comment fait on pour bousculer l’ordre établi? là il ne s’agit pas d’une dessin animé même si on va en trouver au cours de l’histoire, des mélanges entre film classique et animation, à la manière des films de gondry, le dessin animé permet rarement l’improvisation, dans le sens de changement structurels, radicaux, en cours de productions, car tout plan néccessite d’être réalisé image par image.
Va t’il ouvrir d’autre champs de possible en offrant un dessins tres vif, tres réactifs pour se permettre cela?
ou bien l’écriture propre au montage, va l’inspirer dans ces bandes dessinées futures? ou bien encore va t’il se servir de son écriture propre à lui et à la bande dessinée pour établir des voies, des tests dans le montage avec des « images clés », des image secondaire et jouer avec.
Lors du dernier documentaire que j’ai fait avec le réalisateur cédric Schiltz, on a procédé d’une manière similaire, à partir de « mots-scènes clé », on devait en avoir près d’une cinquantaine que l’on avait punaisé sur un mur, et on avancer comme ça en faisant des hypothèses, des voies de garages, des superpositions. Ca nous permettais la même force que l’esquisse, on établi le champs des possibles, on ne s’interdit rien, on se permet le droit a l’erreur à l’incongruité de manière plus libre.
Et puis ensuite on va le chercher dans le montage voir si ça tient la route, si on garde, on avance ainsi vite, sans se contraindre par la technique,s’orienter sur le détail, le raccord, le cadre, les respirations, etc…Ensuite on visionne l’intégralité et on voit si ça tient ou pas, sinon on recommence.
9a m’a permit à moi aussi en temps que monteur d’avoir une image mentale visible de ce que le réalisateur projette, un terrain de jeu commun.
En attendant de voir le film de johann Sfar, son blog permet de mieux cerner la réflexion de cet homme à la tête de citron.
Joann sfar nous parle de son film sur Gainsbourg – kewego
Le dessinateur de BD devient réalisateur. Pour son premier film, il s’attaque à un héros de son enfance. Le Figaro.fr vous présente en avant-première les images de la métamorphose de l’acteur Eric Elmosnino…en Serge Gainsbourg. .
J’ai enfin retrouvé sur internet, une installation vidéo qui m’avait beaucoup touché lorsque je l’avait découverte.
Cette installation « Turbulent » était dans une église désaffectée d’Avignon dans une exposition intitulée « Beauté ».
Le principe est simple deux grands écrans qui se font face, ou l’on se retrouve pris en sandwich, j’étais seul dans l’exposition,
un climat sombre et silencieux.
Le montage est sybillin, l’homme commence, puis la femme reprend, deux plan-séquences, deux temps : l’attente et le chant.
J’ai retrouvé là toute la puissance du chant pur, un vrai travail spatial.
Dans un numéro hors-série de Beaux-arts magazine consacré à l’art vidéo, j’ai découvert que richard Billingham travaille la vidéo.
je ne le connaissais jusqu’a présent que comme l’auteur d’une série de photographie très forte que j’avais vu au printemps de Cahors.
Un travail intime, « photo de famille », très direct, sans romantisme, chargée d’humanité.
Pour le moment je n’est encore rien pu voir de son travail à travers internet, mais l’avant-gout dans cet l’article, incite à en découvrir plus : « Il expérimente toutes sortes de techniques vidéo et de conditions de tournage…faisant évoluer son système représentatif au moyen d’un hasard affiné par un art quasi chirurgical du montage » juliana Engberg
Je viens de voir « Gomorra », un film qui parle depuis le ventre, un sentiment de danger plane tout le long du film.
il y a là un grand travail formel, depuis l’image d’une grande justesse, très belle sans être esthétisante, jusqu’au son omniprésent.
Matteo Garrone le réalisateur disait lors d’un entretien : « Pour recréer l’impact émotionnel que j’ai ressenti en me rendant dans ces territoires, il m’a semblé que ma réalisation devait être la plus discrète possible. L’histoire suggérait elle-même ce langage très simple ; toute volonté de beaux cadrages, de beaux mouvements de caméra était rejeté assez naturellement par le film. Les reportages de guerre que j’ai vus m’ont influencé aussi. Je voulais donner aux spectateurs la sensation qu’ils se situent au coeur de l’action. Je voulais qu’ils puissent ressentir les odeurs. » Je veux bien le croire, je me rend compte que cette génération de cinéaste, que je pense jeune, que l’on découvre, qui expérimente, comme par exemple steeve mac Queen avec « Hunger », n’est finalement pas si jeune, le directeur de la photographie marco Onorato, dirige depuis 1989. Leslie Shatz, le « sound designer » a lui 55 ans , comme mon père, et je vois là une connivence, il ne s’agit plus de rupture de génération à mon sens comme ça a pu l’être auparavant, à l’époque de la nouvelle vague par exemple.
En lisant une interview de leslie Shatz par jean Segura, je retrouve tout ce qui m’attire dans ces métiers, c’est dans ce sens là en tout cas que j’entrevois le montage.
Tres bel extrait, un travail sur la lumière et les couleurs passionnant, sur la beauté.
Le film est en cours de remontage pour sortir en salle prochainement.